Acinetobacter baumannii
Une épidémie silencieuse sévit dans les hôpitaux
CLICANOO.COM | Publié le 4 mai 2009
Acinetobacter
baumannii.
Ce nom barbare ne vous dit sans doute rien. Pourtant cette bactérie résistante aux antibiotiques, introduite dans les hôpitaux de la Réunion depuis trois ans, a déjà contaminé plus d’une centaine de personnes. Un point sur cette épidémie silencieuse à l’occasion, mercredi, de la journée mondiale de l’hygiène des mains, qui reste le principal moyen de lutte contre ce type d’infection nosocomiale.
C’est en janvier 2006 que la souche est isolée pour la première fois à la Réunion. Alors que la Réunion traverse une crise sanitaire avec le chikungunya, l’Acinetobacter baumannii fait sans bruit son apparition. Il faut dire que la bactérie n’a rien d’effrayant de prime abord. En effet, à l’origine, on la retrouve sur la peau d’un quart de la population. En équilibre avec l’homme, elle ne présente a priori aucun danger. C’est au contact de malades qu’elle se révèle néfaste. Plaie, cathéter, sonde urinaire ou d’intubation… “elle peut créer des infections quand il y a un dispositif invasif”, explique le Dr Nathalie Lugagne-Delpon, pharmacienne hygiéniste et présidente de la fédération départementale pour l’hygiène hospitalière et la lutte contre les infections nosocomiales (Felin). Une bactérie qui se glisse dans un cathéter peut ainsi entrer au contact du sang, site normalement stérile, et développer une septicémie en se multipliant. Une infection très couramment retrouvée chez les victimes de l’Acinetobacter baumannii, avec les infections pulmonaires, les infections de plaies ou de brûlures… Selon une étude américaine publiée en 2000, la mortalité des infections nosocomiales à Acinetobacter baumannii varie entre 17 et 46% pour les septicémies et peut atteindre 70% pour les pneumopathies. Et si d’ordinaire, une bactérie peut facilement se soigner par la prescription d’antibiotiques, l’Acinetobacter baumannii donne du fil à retordre aux praticiens hospitaliers. “Elle est devenue multi-résistante aux antibiotiques à cause d’une surconsommation et une mauvaise utilisation des antibiotiques, soutient le Dr Nathalie Lugagne-Delpon. On en a testé une vingtaine sur cette bactérie, et seuls deux médicaments réagissent, mais partiellement. Nous sommes donc dans une impasse thérapeutique.”
94 INFECTIONS EN 2 ANS ET DEMI
Entre janvier 2006 et juin 2008, 59 patients ont été infectés ou colonisés rien qu’à l’hôpital Félix-Guyon (Saint-Denis). Durant la même période, la Felin a recensé 35 autres contaminations dans d’autres établissements de santé publics et privés de l’île. L’épidémie est donc régionale. Des tests réalisés au CHU du Kremlin-Bicêtre (Paris) témoignent de la présence d’une souche unique de la bactérie. “Dès que nous en avons eu connaissance, nous avons lancé une alerte régionale, assure la pharmacienne hygiéniste. Nous avons demandé aux établissements de soin de surveiller de près cette bactérie, d’en faire une recherche systématique sur les patients et de réaliser des antibiogrammes(1).” Bien sûr, la mise en place de protocoles d’isolement et les consignes de nettoyage ont été rappelées. Le respect strict des procédures d’hygiène des mains avec une solution hydro-alcoolique et le nettoyage soigneux de surfaces tels que les meubles est indispensable pour contenir cette épidémie. En avril 2008, le comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) a même décidé de transférer le service de réanimation polyvalent du centre hospitalier Félix-Guyon afin de procéder à une désinfection rigoureuse des locaux. En effet, à cette période, sur les 13 patients infectés dans l’hôpital, 8 séjournaient dans ce service. Les services de réanimation sont connus pour être les plus à risque face au péril bactérien. En l’espace de 6 semaines, 18 lits répartis en deux unités ont été transférés dans un service qui venait de se libérer. “Depuis, nous connaissons une période d’accalmie, affirme le Dr Nathalie Lugagne-Delpon. Plus on agira dans les établissements de santé, et plus on réduira sa propagation.” Entre 20 et 30 personnes hospitalisées continuent à être infectées par an à la Réunion. “On n’a pas d’augmentation, c’est déjà ça…”
Marie Payrard
(1)
Un antibiogramme est une technique de laboratoire visant à tester la
sensibilité d’une souche bactérienne vis-à-vis de plusieurs
antibiotiques.
Qu’est-ce que l’Acinetobacter baumannii ? C’est une bactérie très répandue autour de nous. On en retrouve au sein de la flore cutanée de 25% des individus (présent naturellement sur la peau), dans le tube digestif et le pharynx (la gorge). La présence de la bactérie dans ces localisations est habituellement sans conséquences pour l’individu et on parle de “porteur sain” ou de colonisation.
Qui risque d’être infecté par cette bactérie ?
Acinetobacter baumannii est responsable de 5 à 10% des infections nosocomiales dans des services accueillant des patients fragilisés en France, notamment les services de soins intensifs et de réanimation. On observe surtout des infections pulmonaires chez des patients sous ventilation assistée, des infections urinaires sur sonde et des infections liées aux cathéters avec le risque de septicémie. Les individus en bonne santé ne sont généralement pas infectés. En revanche, les patients hospitalisés sont très souvent colonisés au niveau du tube digestif (colonisation inexistante chez le sujet sain), des mains ou de la gorge.
Une infection à Acinetobacter baumannii est-elle facile à traiter ? Cette bactérie est fréquemment résistante à de nombreux antibiotiques. C’est le plus souvent une bactérie multi-résistante. La bactérie reste généralement sensible à 2 antibiotiques : la colistine et l’imipénème, sous réserve des données de l’antibiogramme.
Une semaine de mobilisation au CRF Ylang-Ylang
Tout au long de cette semaine, le centre de rééducation fonctionnelle (CRF) Ylang-Ylang du Port a décidé de mettre en place des actions de sensibilisation à destination des patients et des personnels de santé à l’occasion de la journée mondiale d’hygiène des mains qui aura lieu demain. Sur les 540 patients accueillis chaque année dans cet établissement de soin, un tiers est hospitalisé suite à un traumatisme, un autre tiers après un accident vasculaire cérébral (AVC) et un dernier pour des problèmes orthopédiques. Il s’agit donc d’hospitalisations à moyen séjour (entre 1 et 2 mois en moyenne). Un temps que les malades occupent en passant d’un atelier à l’autre (ergothérapie, kinésithérapie, balnéothérapie…). “Ce qui multiplie les contacts et les flux”, observe Caroline Oudin, pharmacienne hygiéniste au CRF du Port. Et donc par la même occasion le risque de contamination bactériologique. D’où l’importance de prévention de l’hygiène des mains. Rappelons que 80% des infections nosocomiales sont manu- portées. Pourtant, le CRF Ylang-Ylang n’est pas en retard sur le plan de l’hygiène des mains, même s’il enregistre une dizaine d’infections nosocomiales par an. “On a dépassé les objectifs fixés par le ministère de la santé, assure Caroline Oudin. Mais on espère progresser”. Pour ce faire, aujourd’hui, les patients seront informés sur les infections nosocomiales et le respect de l’hygiène des mains grâce à un affichage placardé sur tous les murs du CRF et des débats seront organisés avec les médecins. Demain, c’est au tour de l’équipe soignante d’être sollicitée. Chacun passera un test pratique (avant/après le lavage des mains) pour mesurer la disparition ou la persistance des germes. Mercredi, une attention sera portée aux préconisations standards (hygiène des mains, port de masque, gestion du matériel souillé…).
Le personnel de santé pourra également vérifier s’il a une bonne observance des frictions des mains avec une solution hydro-alcoolique (SHA) en les passant dans une boîte dite “à coucou” qui révèle, grâce aux UV, les zones où les bactéries sont encore présentes. Enfin, jeudi, l’accent sera mis sur le bon usage des antiseptiques avec des ateliers pratiques. Un concours sera également organisé toute la semaine pour impliquer le maximum de personnes à ce projet.
Comment la Réunion peut-elle gérer la grippe porcine ?
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publié : jeudi 30 avril à 17:51
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Pas d’exception, la Réunion comme tous les départements de Métropole suit les directives du gouvernement concernant le plan national de lutte contre la pandémie grippale. Le même plan qui avait été mis en place et testé pendant la grippe aviaire.
C’est la préfecture qui prend toutes les décisions. Une réunion d’information a déjà eu lieu entre la Préfecture et les services chargés de la surveillance aux frontières (Police de l’Air et des Frontières, Gendarmerie, Douanes, etc).
La Préfecture a également contacté toutes les collectivités (mairie, département, région) pour les informer du plan national de lutte contre la pandémie.
Le seul traitement existant sont des médicaments anti-viraux comme le Tamiflu. Ce médicament à base d’eseltamivir, utilisé contre la grippe aviaire, est efficace contre ce virus. Il y a également un autre antiviral, le Zanamivir (Relenza).
A la Réunion, les stocks d’avance de Tamiflu dont nous disposons permettront de traiter près de 4780 patients. Une boîte contient une dizaine de pillules soit l’équivalent d’un traitement complet pour une personne.
Les pharmacies n’en ont pas en stock. Le médicament se commande sur ordonnance et uniquement si un cas est avéré. Une demande a été effectuée par la Préfecture afin que les grossistes s’approvisionnent.
Autre solution, les masques de protection respiratoire. Au total, la DRASS en a actuellement 500 000. 230 000 autres sont entreposés dans divers services de l’Etat.
Il est question des masques médicaux de type FFP2. Ces derniers ne seront utilisés dans un premier temps uniquement par les professionnels de santé qui toucheront aux cas avérés, de près comme de loin. Il ne faut pas les confondre avec les masques chirurgicaux, en vente en pharmacie, et dont la protection n’est pas aussi efficace.
Aujourd’hui, le seul hôpital habilité à recevoir les premiers cas suspects est le CHR Felix Guyon. La procédure à suivre est la suivante : si un cas est suspecté, il sera obligatoirement acheminé à l’hôpital par le samu. Une fois arrivé, il sera placé dans une chambre dépressurisée. Les premières analyses seront alors effectuées.
Le CHR est le seul hôpital du département à bénéficier d’un laboratoire de type 3, capable de détecter les maladies les plus graves. Un double contrôle sera réalisé, local et national. Les analyses seront envoyés en Métropole afin de confirmer les résultats.
En cas d’épidémie à la Réunion, une démarche a été établie afin d’apporter la meilleure couverture possible de la maladie. Ainsi, les deux premiers cas seront mis en chambres dépressurisées. - Les deux cas suivant seront placés en service de réanimation. - Au delà de 10 cas, c’est tout le service de médecine interne du CHR qui sera réquisitionné. - A partir de 30 cas jusqu’à une centaine, tout le batîment D du CHR sera mobilisé. - Au delà, l’hôpital du Sud prendra les patients. Et dans le pire des cas, toutes les structures sanitaires publiques et privées seront disposées à récupérer les personnes ayant contracté le virus.
A l’époque de la grippe aviaire, une modélisation mathématique avait été faite dont les résultats évaluaient à près de 196 000 personnes, le nombre maximum de cas qui aurait pu contracter la grippe aviaire, au plus fort de l’épidémie. L’évolution pourrait être la même concernant la grippe porcine actuelle.
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GRIPPE PORCINE : le virus, pourquoi, comment
ANTE - Toutes les questions que vous vous posez sur ce virus...
La grippe porcine, qui frappe actuellement le Mexique et dont on a
trouvé des cas aux Etats-Unis, c’est quoi? Comment cela s’attrape?
Est-ce que cela se soigne? 
L’OMS a prévenu: il y a un «certain nombre de lacunes
concernant les données sur les caractéristiques cliniques,
l'épidémiologie, et la virologie des cas signalés ainsi que les mesures
appropriées». En attendant, 20minutes.fr fait le point sur ce que l’on
sait déjà.
Quel type de virus est-ce?
Il s'agit, selon les spécialistes, d'une maladie respiratoire des
élevages de porcs, un virus grippal de type A. Ce virus d'origine
animale est identifié comme A/H1N1.
Pourquoi le virus sort maintenant?
«On ne le sait pas», explique Gregory Hartl, porte-parole de l’OMS
interrogé par 20 Minutes. «Il y a beaucoup d’inconnues. De même, on ne
sait pas à quel point le virus est transmissible ni à quel point il est
mortel». Le manque de connaissances provient du fait que le virus a
muté de façon inédite, «dans des gênes jamais rencontrés auparavant».
Ce qui rend difficile l’énoncé de recommandations préventives.
Comment cela s’attrape?
Pas en mangeant de la viande, ni même du porc, puisque le virus ne
survit pas à la cuisson. Mais d’homme à homme, «par transmission
aérienne directe», selon le Pr Pierre Saliou, agrégé du Val de Grâce et
président de la Société de pathologie exotique. Voilà pourquoi il est
conseillé de mettre un masque sur sa bouche pour éviter l’interaction
de particules aériennes avec ses congénères.
Quels en sont les symptômes?
Ils sont pas spécifiques, et s'apparentent à ceux d'une grippe
classique (dite «saisonnière»). Il s'agit de fièvre, toux, écoulement
nasal, douleurs articulaires et/ou musculaires (courbatures) et de
fatigue.
Qui cela peut toucher?
La maladie peut toucher «des jeunes adultes en bonne santé»,
avertissent les autorités mondiales de la santé. On n'en sait pas plus
pour l'instant.
Existe-t-il un vaccin contre cette maladie?
Oui, pour les porcs. Non pour l'homme — le seul vaccin pour l’homme qui
existe correspond à une souche précédente du virus qui le rend peu
efficace pour cette forme de grippe porcine là. De même, le vaccin
contre la grippe saisonnière humaine ne protège pas contre la grippe
porcine. Le groupe pharmaceutique suisse Novartis a été contacté par
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le développement d'un
vaccin sur la souche actuelle. Selon le laboratoire Sanofi Pasteur, n°1
mondial des vaccins, quatre mois seront nécessaires pour le mettre au
point.
Est-ce que la grippe porcine se soigne?
«On a des médicaments anti-viraux qui permettent de soigner», reprend
Gregory Hartl. Le Tamiflu, médicament à base d'oseltamivir utilisé
contre la grippe aviaire, est efficace pour ce virus. Il y a aussi le
Zanamivir (Relenza), un autre antiviral, qui marche bien.
Que faire en cas de voyage au Mexique?
Les ministères des Affaires étrangères et de la Santé appellent à la plus grande prudence.
«Si vous estimez indispensable de vous rendre au Mexique, il est
recommandé de se conformer aux préconisations des autorités sanitaires
mexicaines», précisent-ils. Parmi celles-ci, éviter les lieux de
rassemblement public, respecter les règles d’hygiène élémentaire
(lavage soigneux et régulier des mains, aération des pièces). Avant le
départ, prendre contact avec son médecin traitant.
Pour les personnes revenant d'un voyage au Mexique, les ministères incitent à prendre contact avec le Samu du département au 15 ou son médecin traitant si des symptômes apparaissent dans les sept jours suivant le retour.
Le virus H1N1 de la grippe porcine
AA et FV
Les numéros d'appels sur la grippe
Plateforme téléphonique: 08 25 30 23 02 (+33 1 53 56 73 23 depuis l’étranger)
Information des voyageurs: 01 45 50 34 60 (+33 1 45 50 34 60 depuis l’étranger)
GRIPPE PORCINE
Grippe porcine : niveau d'alerte relevé, plus de 150 morts au Mexique, 1ers cas en Europe.
Espagne:
Un premier cas de grippe porcine a été confirmé chez un homme qui avait
séjourné au Mexique, a affirmé ce lundi de la Santé espagnole Trinidad
Jimenez. Le pays compte par ailleurs neuf cas suspects. Une femme de 21
ans, de retour d'un voyage au Mexique le 22 avril, a été hospitalisée
dimanche soir à Hellin (sud-est). Il s'agit d'une camarade d'un jeune
homme hospitalisé samedi soir à Almansa (sud-est) et qui présentait des
symptômes, ce qui a entraîné le déclenchement de la procédure d'alerte.
Cette femme souffre «d'un peu de fièvre, elle évolue favorablement», a
déclaré une porte-parole des services sanitaires de la région de
Castille-la-Manche.
Allemagne: Contrairement à l'Organisation mondiale de la santé, le ministère allemand des Affaires étrangères a déconseillé lundi les voyages non-essentiels au Mexique.
Par ailleurs, une femme de 21 ans a été hospitalisée à Barcelone
(nord-est). Elle est revenue il y a six jours du Mexique, foyer de
l'épidémie, a déclaré une porte-parole de l'hôpital. Les malades ont
été soumis à des tests dont les résultats sont attendus soit lundi,
soit mardi. La ministre de la Santé Trinidad Jimenez a déclaré lundi à
la radio nationale que l'Espagne n'était pas dans une situation
«d'urgence» parce qu'elle était «contrôlée».
Grande-Bretagne: Les premiers cas de grippe porcine ont été confirmés en Grande-Bretagne. Des
tests effectués sur un steward de la compagnie British Airways,
hospitalisé samedi à Londres à son retour de Mexico pour des symptômes
ressemblant à ceux de la grippe, s'étaient révélés négatifs. Mais deux
personnes, rentrées mardi du Mexique, ont été hospitalisées dimanche en
Ecosse par mesure de précaution après avoir présenté de «légers
symptômes rappelant ceux de la grippe». Leur contamination a été
confirmée.
Italie:
Un premier cas de grippe porcine était suspecté lundi en Italie après
l'hospitalisation d'une femme dimanche soir à Venise (nord-est), a
rapporté l'agence Ansa. La femme, âgée de 31 ans, vient de rentrer d'un
séjour à San Diego, en Californie (Etats-Unis), où sept personnes sont
atteintes de la maladie. La patiente, qui souffre d'une fièvre élevée
mais dont la vie n'est pas en danger selon les médecins cités par Ansa,
a été placée en quarantaine et sous observation.
Suisse:
Cinq Suisses de retour du Mexique pourraient avoir été contaminés par
le virus de la grippe porcine et font l'objet d'examens, a indiqué
lundi le porte-parole de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP)
Jean-Louis Zürcher. Ces cinq personnes se sont présentées à leur
médecin après que l'OFSP eut appelé à la vigilance. Elles manifestent
toutes des symptômes grippaux et reviennent du Mexique, a précisé M.
Zürcher à l'agence de presse suisse ATS.
Suède:
Au moins cinq personnes, dont certaines ont récemment voyagé au
Mexique, font l'objet d'examens pour déterminer si elles ont ou non
attrapé le virus, a indiqué Mia Brytting, une responsable de l'Institut
suédois pour le contrôle des maladies infectieuses, à l'agence TT.
Danemark: Trois femmes et un homme revenus une semaine plus tôt du Mexique et des Etats-Unis, sont en observation à l'hôpital de Hvidovre (ouest de Copenhague), a annoncé la médecin-chef Gitte Kronborg de la section des maladies infectieuses de l'établissement sur la chaîne danoise TV2 News. Ces quatre jeunes sont venus d'eux-mêmes à l'hôpital en raison de symptômes grippaux, selon TV2 News.
Une cinquième personne, un quinquagénaire, a été hospitalisée à
Aalborg, dans le nord du Danemark, suite à une grippe contractée à son
retour vendredi dernier du sud des Etats-Unis, près de la frontière
mexicaine. Par ailleurs, deux jeunes Danois, mis en observation durant
le week-end, à l'hôpital universitaire de Copenhague, à cause de
symptômes grippaux, ont pu regagner leur domicile. Les examens qu'ils
ont subis ont montré qu'ils n'étaient pas touchés par la grippe porcine.
Russie: Moscou
a mis en place une commission de prévention contre la propagation de la
grippe et vérifie tous les vols provenant du Mexique et des Etats-Unis.
La Russie va inspecter à partir de lundi tous les avions en provenance
du continent américain, a déclaré le chef des services sanitaires
russes, Guennadi Onichenko, cité par les agences russes.
Ukraine:
Kiev a interdit l'importation de porcs du Mexique, des Etats-Unis, du
Canada et de la Nouvelle-Zélande. «Compte tenu de la complexité de la
situation épidémiologique concernant la grippe de souche H1N1 au
Mexique, aux Etats-Unis d'Amérique, au Canada et en Nouvelle-Zélande,
l'Ukraine interdit l'importation depuis ces pays de porcs vivants, de
viande et de produits dérivés» du porc, explique le gouvernement sur
son site.
Israël:
Un Israélien revenant du Mexique a été hospitalisé en isolement sous le
soupçon d'infection par le virus de la grippe porcine, selon la radio
publique. Mais le directeur de l'hôpital cité par le site Ynet a estimé
«qu'au vu des premiers examens cliniques, le patient ne semble pas
souffrir de grippe porcine».
Amérique du nord: urgence sanitaire
Etats-Unis:
Un total de 40 cas de grippe porcine ont confirmés dans cinq Etats. A
New York, le maire a annoncé que 28 élèves d'une école privée étaient
atteints de la grippe porcine, contre huit jusqu'à présente, mais qu'il
s'agissait du seul foyer d'infection dans la ville. Par ailleurs, sept
cas ont été décélés en Californie (ouest), deux au Texas (sud), deux au
Kansas (centre) et une dans l'Ohio (nord). Washington a déclaré «l'état
d'urgence sanitaire» et annoncé des dépistages sur les personnes se
présenterant aux frontières en provenance de pays touchés par le virus.
Les autorités s'attendent à déceler de nouveaux cas. Les Etats-Unis
doivent s'attendre à des cas plus sévères de grippe porcine et même à
des décès, a averti ce lundi le directeur des autorités sanitaires
américaines, Richard Besser, qui s'est dit «très inquiet» dans une
interview sur la chaîne ABC. «Il
s'agit évidemment d'un sujet d'inquiétude qui réclame que nous élevions
le niveau d'alerte», a expliqué Barack Obama dans un discours à
l'Académie nationale des sciences à Washington, «mais il n'y a pas de
raison de s'affoler». Onze millions de traitements antiviraux vont tout de même être distribués.
Canada:
Le Canada a rapporté six premiers cas avérés de grippe porcine: quatre
dans la province atlantique de Nouvelle Ecosse et deux en
Colombie-Britannique, à l'ouest du pays. Pour les quatre premiers, il
s'agit d'étudiants ayant participé à un voyage scolaire au Mexique,
dans la péninsule du Yucatan, et leurs symptômes sont «modérés». Les
deux autres avaient également voyagé au Mexique, et n'ont pas dû être
hospitalisées, leur infection étant jugée «bénigne». Les autorités
pensent qu'il y aura d'autres cas. En Asie, de nombreux pays ont commencé à prendre des mesures de précaution, comme le Japon et Hong Kong.
Asie/Océanie
Nouvelle-Zélande:
neuf lycéens néo-zélandais et un enseignant, qui présentaient des
symptômes après un séjour de trois semaines au Mexique, sont
«probablement» atteints de la grippe porcine, sans que cela soit encore
confirmé, selon le ministre néo-zélandais de la Santé, Tony Ryall.
Ils faisaient partie d'un groupe de 25 personnes d'un collège d'Auckland placé en quarantaine samedi à leur retour du Mexique.
Australie:
Deux personnes de retour du Mexique et présentant des symptômes de
grippe ont été hospitalisées et sont soumises à des tests devant
déterminer s'ils sont porteurs du virus le grippe porcine, a annoncé le
Premier ministre de l'Etat de Queensland, Anna Bligh.
Amérique latine et du sud: intensifier la surveillance
Mexique:
Le ministre de la Santé a évoqué ce lundi un bilan aggravé, à 149 morts
et 1.614 malades traités, dont 400 encore hospitalisés.Le président
mexicain Felipe Calderon a lancé dimanche un appel au «calme» et au
respect des mesures de prévention face à l'épidémie de grippe porcine.
Il n'a pas précisé si tous les décès étaient des cas confirmés, et son
porte-parole s'est borné à évoquer des morts d'origine «virale». Le
nombre des morts avérés était maintenu à 20.
Un décret présidentiel a durci les mesures: isolement des patients, droit des autorités à pénétrer «dans tout local», à contrôler voyageurs, bagages et marchandises. Alors que la maladie s'est propagée dans le pays uniquement par contacts humains, les autorités ont appelé à éviter les réunions publiques. L'Eglise catholique a annulé les messes de dimanche dans la capitale, et le cardinal de Mexico a célébré dans la cathédrale une messe à huis clos, retransmise par la télévision.
Colombie: Les autorités sanitaires colombiennes ont placé sous surveillance douze personnes arrivées du Mexique et présentant des symptômes de grippe. Ils subissent des examens à domicile. Les contrôles dans les ports et aéroports ont été renforcés.
Brésil: Un homme de 24 ans en provenance du Mexique et présentant des symptômes de la grippe porcine, a été hospitalisé par précaution à Sao Paulo, ont annoncé dimanche les médecins.
Un audit sanitaire a montré que le département était indemne de grippe porcine. » (Photo Jean-Claude Feing)
La Réunion en vigilance
Comme ailleurs sur le territoire national, à La Réunion, les autorités s’organisent pour se prémunir des risques de pandémie liée à la grippe porcine.
Grippe : appel à la prudence en France
CLICANOO.COM | Publié le 28 avril 2009
Les autorités françaises ont appelé les voyageurs à destination du Mexique à "une très grande prudence", même si aucun cas de grippe porcine n’avait lundi soir été avéré dans l’Hexagone. Ainsi les cas initialement présentés comme suspects de trois personnes ayant voyagé au Mexique ou dans le Sud des Etats-Unis ont finalement été jugés sans rapport avec la grippe porcine à Lyon, à Pau et Nantes. L’état de santé d’une quatrième personne, une femme hospitalisée à Poitiers après un voyage au Mexique, était jugé "rassurant" par le CHU de la ville, qui ne disposait pas lundi soir du résultat des analyses sur son cas.
Six premiers cas suspects s’étaient déjà auparavant révélés être des cas de grippe banale sans lien avec l’épidémie qui sévit au Mexique. Les personnes revenant de ce pays sont incitées à prendre contact avec leur médecin traitant ou le centre 15 si des symptômes de fièvre, toux, courbatures et fatigue apparaissent dans les sept jours qui suivent leur retour. Les ministères des Affaires étrangères et de la Santé ont appelé les voyageurs à destination du Mexique à la plus grande prudence. "La consigne n’a pas encore été passée. Toutefois, je dis aux voyageurs qui n’ont pas des raisons impératives de se rendre au Mexique de décommander leur voyage, clairement", a déclaré la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot sur i-TELE. Des affiches ont été apposées dans les aéroports depuis la fin de la semaine pour informer les passagers sur les effets de la grippe porcine, les risques liés à un voyage au Mexique et les numéros d’urgence à contacter en cas de symptômes. Des "documents plus visuels et colorés seront mis en place dans le courant de la semaine", a indiqué le directeur général de la Santé Didier Houssin. Des fiches expliquant quoi faire et quels numéros appeler seront par ailleurs distribuées aux passagers de retour du Mexique, avec l’aide de la Croix-Rouge, a-t-il précisé. Les autorités sanitaires, a expliqué le Pr Houssin, sont suspendues aux décisions de l’Organisation mondiale de la santé.
La France se tient prête à déclencher son "plan national de prévention et de lutte" contre les pandémies grippales, a expliqué à l’AFP Jean-Philippe Grelot, spécialiste de la gestion des crises au Secrétariat général de la défense nationale (SGDN), organisme chargé de l’élaboration de ce plan. En déplacement à Mulhouse, le Premier ministre François Fillon a assuré que la France était "l’un des pays les mieux armés au monde" pour lutter contre une éventuelle pandémie de grippe porcine. "La France est sans doute l’un des pays les mieux armés au monde parce que nous avons préparé avec beaucoup de sérieux les risques de grippe aviaire et que nous avons donc à la fois des infrastructures et des stocks de matériel qui nous permettent de faire face à une éventuelle épidémie", a-t-il affirmé. Le Pr Houssin a souligné que le pays disposait d’un stock d’un milliard de masques chirurgicaux simples et de 750 millions de masques plus sophistiqués. 33 millions de traitements antiviraux sont également stockés. Le stock de médicaments et de masques de l’ambassade de France à Mexico a été renforcé pendant la fin de semaine pour couvrir les besoins éventuels des résidents français, a-t-il précisé. Quelque 27.000 Français résideraient dans ce pays.
© 2009 AFP / Par Véronique MARTINACHE
Opération Kass'moustik ce week-end
EN DIRECT
25/04/09Opération Kass'moustik ce week-end
L'opération Kass'moustik a été initiée pendant l’épidémie de chikungunya, par des chercheurs avec l’aide de la Drass et des associations ainsi que d’autres partenaires comme le conseil général, le conseil régional, la Caf et Rectorat.
L’opération qui a lieu deux fois par an est un grand week-end de mobilisation sociale. L'objectif est de promouvoir l'adoption des bons gestes d'élimination des gîtes larvaires, grâce à des actions individuelles et collectives.
A l’occasion de Kass'moustik, les associations et les communes organisent des actions de sensibilisation et d’information de la population : visites chez l’habitant avec repérage et destruction des gîtes larvaires autour des habitations, nettoyages de ravines, animations de quartier.
La Civis met à disposition une centaine d’agents pour réaliser des actions de sensibilisation et de nettoyage dans 17 quartiers du sud.
La ville de Saint-Joseph, en lien avec la CCSUD, mène des opérations dans ses quartiers et ses écoles durant toute la semaine.
La ville de Saint-Leu mobilise également son réseau associatif (17 associations) et le service environnement pour l’organisation d’une quinzaine d’actions dans les quartiers.
La Drass a également formé 160 bénévoles associatifs et agents des collectivités.
FIEVRE DE LA VALLEE DU RIFT
Alerte à l'épidémie de la fièvre du rift à Mayotte.
Depuis un an et demi, et notamment depuis la fin du mois de décembre 2006, une épidémie de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) sévit en Afrique de l’Est.
La FVR est une maladie qui touche principalement les ruminants domestiques (zébu, chèvre, mouton) provoquant majoritairement des avortements. .
Elle est disséminée par la morsure d’un moustique infecté.
L’homme peut être atteint par la maladie, dont les symptômes s’apparentent à ceux de la grippe.
Il peut exister des formes graves. Il n’y a pas de traitement spécifique chez l’homme ni de vaccination. La FVR peut se transmettre par voie directe (sang, lait, consommation et manipulation de viande saignante) ou accessoirement par les piqûres de moustiques, taons.
En raison du risque d’introduction de la maladie à Mayotte, une surveillance sanitaire accrue du bétail a été mise en place dès février 2007.
L’institut Pasteur de Paris a confirmé très récemment, sur des prélèvements sanguins effectués en novembre 2007, la présence de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) sur des zébus mahorais. Suite à ce résultat, des enquêtes complémentaires ont été effectuées le 27 mars 2008, par la DASS, le CHM et les Services Vétérinaires sur certains élevages et les personnes exposées professionnellement. Les résultats seront disponibles dans les prochaines semaines.
La préfecture de Mayotte conseille de
o Ne pas boire du lait cru/caillé « de brousse »
o Ne pas consommer de la viande rouge abattue à Mayotte.
o Supprimer les nids à moustiques (couvrir les réservoirs d’eau, jeter
o Les canettes à la poubelle, vider les cuvettes et bidons etc…)
Le virus peut -il se propager à LA REUNION ?
Cas de fièvre de la Vallée du Rift à Mayotte
Après l’apparition du virus de la fièvre de la Vallée du Rift à
Mayotte, la Sénatrice de La Réunion Gélita Hoarau demande à la Ministre
de la Santé, dans une question écrite, quelles mesures de précaution
sont prises pour protéger La Réunion et arrêter l’extension de la
maladie à Mayotte
Qu'est ce que la fièvre de la vallée du rift ?
La fièvre de la vallée du rift (RVF) est une zoonose virale (affectant principalement les animaux domestiques (bétail), mais pouvant se transmettre aux humains) en se manifestant par une fièvre.
Elle est disséminée par la piqure d’un moustique infecté.
La maladie est propagée par le virus RVF, rattaché au genre Phlebovirus ( famille des Bunyaviridae).
La maladie a été rapportée pour la première fois chez le bétail du Kenya aux alentours de 1915, mais le virus n'a pas été isolé avant 1931.
Les manifestations du RVF surviennent en Afrique sub-saharienne mais des épisodes peuvent éclater ailleurs, rarement (mais parfois sévèrement) en Égypte - pendant les années 1977 et 78, plusieurs millions de personnes ont été infectés et des milliers sont mortes au cours d’une violente épidémie – Au Kenya en 1998, le virus a entraîné le décès de plus de 400 Kenyans. En septembre 2000 un épisode a été confirmé en Arabie saoudite et au Yémen.
Chez l'homme le virus peut se manifester sous l’apparence de plusieurs syndromes différents.
Habituellement les victimes n'ont aucun
symptôme ou seulement une maladie peu bruyante avec de la fièvre, des maux de tête, des myalgies et des anomalies hépatiques.
Dans un petit nombre de cas (< 2%) la maladie peut évoluer vers un syndrome de fièvre hémorragique, de méningo-encéphalite (inflammation du cerveau), ou encore affecter l’œil.
Les patients qui
tombent malades présentent habituellement de la fièvre, un état de
faiblesse généralisée, des douleurs dorsales, des vertiges, et une
perte de poids au début de la maladie.
En règle générale, les patients entrent en convalescence 2 à 7 jours après le début de la maladie.
Répartition de la fièvre de la fièvre du rift en afrique :
En bleu, les
pays où la maladie est endémique et où surviennent des épidémies
importantes de RVF ;
en vert, des pays connus pour la survenue de
quelques cas, l’isolement épisodique du virus, ou une présence du RVF
attestée par des sérologies.
Approximativement 1% des humains victimes de la maladie en meurent.
Parmi le bétail le niveau de mortalité est sensiblement plus élevé. Chez les femelles gravides infectées par le RVF, le taux d’ avortement est de pratiquement 100% des foetus. Une épizootie (maladie épidémie atteignant les animaux) de RVF se manifeste habituellement d’abord par une vague d’avortements inexpliqués.

Vaccination Animale
Plusieurs vaccins animaux ont été fabriqués pour se protéger contre l'infection par le RVF. Le premier à être développé était un vaccin vivant. Lors des essais sur la souris, les résultats étaient prometteurs, ce vaccin conférait une immunité pendant trois ans.
Cependant un problème a été décelé : l’administration aux brebis gravides a provoqué de nombreux avortements. À la suite de cette constatation, des vaccins atténués ont été développés. Bien qu'ils aient un effet protecteur, et ne provoquent pas d’effets nuisibles, ce résultat a été obtenu seulement après de multiples inoculations. Le fait que des doses multiples soient indispensables pourrait se révéler problématique particulièrement dans les zones où le RVF est endémique.
SOURCES
http://mayotteinfos.m6blog.fr/archive/2008/04/03/alerte-a-l-epidemie-de-fievre-de-la-vallee-du-rift.html
http://www.urml-reunion.net/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fi%C3%A8vre_de_la_vall%C3%A9e_du_Rift
A LIRE
http://fr.news.yahoo.com/64/20090128/twl-la-fivre-de-la-valle-du-rift-a-attei-acb1c83.html
MOUSTIQUES STERILES
Des millions de moustiques stériles lâchés sur la Réunion
CLICANOO.COM | Publié le 9 janvier 2009
Le centre de recherche et de veille sur les maladies émergentes dans l’océan Indien (Crvoi) vient de lancer un programme de recherches visant à réduire la population de moustiques vecteurs du chikungunya et du paludisme à la Réunion en libérant des millions de mâles stériles sur l’île. Une alternative à l’utilisation massive d’insecticides qui a déjà fait ses preuves sur la mouche.
On croyait avoir tout essayé pour contenir le moustique. Des épandages nocturnes d’adulticides aux larvicides, en passant par les répulsifs ou la lutte mécanique...
Mais voilà que des scientifiques s’apprêtent à tenter une nouvelle méthode de lutte anti-vectorielle à la Réunion : la technique de l’insecte stérile (TIS). Elle devrait s’appliquer sur deux espèces de moustiques qui pullulent dans l’île : l’aedes albopictus, vecteur du chikungunya, et l’anopheles arabiensis, vecteur du paludisme.
Cette technique biologique consistera à libérer régulièrement des millions de moustiques mâles stériles (qui ne sont pas hématophages: veut dire animal qui se nourrit du sang et peut devenir le vecteur de maladies) sur toute l’île afin qu’ils s’accouplent avec les femelles locales. Ainsi, les œufs produits ne se développeront pas à cause de l’altération génétique du sperme. L’objectif étant de diminuer, voire éradiquer à terme ces moustiques.
Pour s’assurer du succès de l’opération, les entomologistes devront larguer un nombre de moustiques stériles largement supérieur aux locaux, pouvant aller de 10 à 50 fois la population de moustiques déjà existante. Préalablement, il aura fallu développer en laboratoire une lignée de moustiques originaire de la Réunion, en prenant soin d’éliminer les femelles. Les mâles sont ensuite irradiés à faible dose à l’agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) par un rayonnement gamma (bombe au Cobalt 60) qui les rend stériles. L’idée n’a pas germé dans la tête de quelques apprentis sorciers, mais bien dans celle de nos plus éminents représentants scientifiques.
Le projet est en effet porté par le Crvoi et coordonné par l’unité UR016 de l’institut de recherche pour le développement (IRD), en partenariat avec l’AIEA, le centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), l’institut Pasteur, le pôle de protection des plantes (3P) de Saint-Pierre et l’université de la Réunion. Les fonds européens de développement régional (Feder) et le conseil régional soutiennent financièrement le projet. En décembre 2008, le ministère de la Santé a déjà accordé 700 000 euros sur les 2 millions d’euros budgétés pour ce projet.
“L’idée s’est imposée d’elle-même, explique Koussay Dellagi, directeur du Crvoi. Les insecticides sont efficaces mais ils ont démontré leurs limites à cause de la résistance développée. Il n’y a pas de nouvelles familles qui apparaissent sur le marché et il y a aussi un danger environnemental évident, comme avec tout produit chimique.” PREMIERS ESSAIS EN 2012
Jamais expérimentée sur le moustique, la technique de l’insecte stérile a déjà fait ses preuves sur la mouche (lire par ailleurs). Elle a par exemple servi à éradiquer la “lucilie bouchère” en Afrique, au Mexique et aux États-Unis.
La technique a été également utilisée pour lutter contre la mouche méditerranéenne et d’autres mouches des fruits en Californie et en Floride, et a permis d’éliminer la mouche tsé-tsé sur l’île de Zanzibar.
La Réunion, de par son insularité, présente des conditions optimales pour réussir l’expérience. Et si l’opération est couronnée de succès, elle représente un espoir extraordinaire pour circonscrire nombre de maladies vectorielles dans le monde. Sans doute le moustique n’a jamais été testé auparavant parce qu’il ne représentait pas un enjeu financier majeur. Comme le soutient le directeur du Crvoi, “on a d’abord expérimenté les mouches car elles causaient des dégâts économiques sur l’agriculture”.
Le projet scientifique s’échelonnera sur quatre ans. En 2012, des tests devraient être réalisés dans les îles éparses. S’ils sont concluants, les scientifiques imaginent les premiers largages sur la Réunion entre 2013 et 2014.
Si les insecticides ont causé des dommages collatéraux sur la faune et la flore, notamment en décimant nos abeilles, cette nouvelle méthode de lutte anti-vectorielle (LAV) apparaît comme une solution pour préserver notre environnement. “Il n’y a strictement aucun risque associé à cette technique, assure Koussay Dellagi.
Ces moustiques ont été introduits à la Réunion. Ils sont halogènes.” Pour autant, on peut s’interroger sur les conséquences d’une éradication d’une population de moustiques. La disparition de ce pollinisateur ne risque-t-elle pas de déséquilibrer l’écosystème, en particulier ses prédateurs endémiques, tels que le lézard vert de Manapany, dont la présence est déjà fragile ?
Des insectes éradiqués
Si des lâchers de moustiques n’ont encore jamais été expérimentés, la technique de la mouche stérile a déjà été utilisée à diverses reprises et a réussi à démontrer son efficacité. Elle a permis notamment d’éradiquer la “lucilie bouchère”. Il s’agit d’une espèce de mouche des plus redoutées. Elle est désignée sous le nom de Cochliomyia hominivorax, c’est-à-dire “la dévoreuse d’homme”. Après vingt ans de lutte et des milliards de dollars dépensés, les États-Unis et le Mexique ont réussi à éradiquer la lucilie bouchère de leur territoire en 1982 grâce à la technique des mâles stériles. Elle a ensuite fait sont apparition en Afrique du Nord. Des cartons entiers de lucilies bouchères stériles mâles ont alors été lâchés par avion en Libye, sur une superficie de 400 000 kilomètres carrés. À raison d’un largage par semaine, l’opération a duré un an. À son apogée, 40 millions de mouches étaient lâchées chaque semaine. La lucilie bouchère a ainsi été éradiquée en 1991.
La technique de l’insecte stérile (TIS) a également été utilisée sur l’île de Zanzibar (Tanzanie) de 1994 à 1998. Le programme d’éradication a consisté dans un premier temps à réduire drastiquement la population de mouches tsé-tsé à l’aide d’insecticide. Ensuite, des millions de mouches mâles stériles ont été relâchées sur l’île, avec un rapport de 50 stériles pour 1 fertile. Cela fait désormais plus de dix ans que la mouche tsé-tsé a disparu de Zanzibar.
Les échantillons sanguins régulièrement prélevés sur le bétail n’ont fait apparaître aucun trypanosome, le parasite que transmet cette mouche. En conséquence, la production de lait a triplé et la production locale de bœuf a doublé.
On peut encore citer la mouche méditerranéenne des fruits (ou cératite). Par leur consommation de la chair des fruits, les larves provoquent une chute prématurée des fruits, causant des dégâts économiques très importants. Le Mexique, puis le Chili, l’Argentine ou la Patagonie ont réussi à s’en débarrasser grâce à la TIS.
Qu’est-ce que le CRVOI ?
Basé au sein de la technopôle (Saint-Denis), le centre de recherche et de veille sur les maladies émergentes dans l’océan Indien (CRVOI) a été constitué en 2007, après la crise du chikungunya, sous l’impulsion de Dominique de Villepin.
Son rôle est d’organiser une recherche interdisciplinaire sur les maladies infectieuses émergentes, humaines et animales, en mobilisant les organismes de recherche et d’enseignement supérieur interrégionaux, nationaux, internationaux et en développant des partenariats avec des États membres de la commission de l’océan Indien.
Le CRVOI a pour mission principale de susciter de nouveaux programmes de recherche et d’inciter de nouvelles équipes de scientifiques à s’impliquer dans la recherche sur les agents pathogènes émergents et les maladies qu’ils provoquent, de développer et évaluer des méthodes innovantes de veille sanitaire pour détecter plus précocement des épidémies dans la zone océan Indien et de réduire le risque de diffusion des maladies.
LE PALUDISME A LA REUNION
LE PALUDISME
Le seul moustique vecteur du paludisme est l’anophèle. 109 zones où vit l’anopheles arabiensis ont été repérées à la Réunion et sont régulièrement traitées par la Drass
Définition
Le paludisme (appelé aussi malaria) est une maladie due à des parasites de l’espèce plasmodium transmis d’une personne à l’autre par les piqûres de moustiques infectés. Les premiers symptômes les plus courants (fièvre, maux de tête, frissons, vomissements) apparaissent de 10 à 15 jours après l’infection. En l’absence de traitement, le paludisme peut évoluer rapidement vers une forme grave souvent mortelle. Plus d’un million de personnes meurent chaque année du paludisme et un enfant en meurt toutes les 30 secondes dans le monde. Chaque année, plus de 500 millions de personnes en sont gravement atteintes.
Quatre types
Il existe quatre types de paludisme humain :
le plasmodium falciparum,
le plasmodium vivax,
le plasmodium malariae,
le plasmodium ovale.
Si le falciparum et le vivax sont les formes les plus répandues, le plasmodium falciparum est de loin le type d’infection le plus mortel. Ces quatre formes sont présentes dans la zone océan Indien mais le falciparum est très largement plus représenté. Ainsi 84 % des cas de paludisme importés à la Réunion sont de ce type.
Traitement
Les principales mesures de lutte contre le paludisme prévoient un traitement rapide et efficace par des associations médicamenteuses comportant de l’artémisinine, l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations pour lutter contre les moustiques vecteurs (l’anophèle). Source : OMS
Le plan de “contre-attaque”
Lorsque la cellule de veille sanitaire de la Réunion a connaissance d’un cas de paludisme dans l’île, elle déclenche automatiquement un plan de “contre-attaque” afin d’éviter toute propagation.
Tout d’abord, une investigation entomologique et épidémiologique est menée dans le quartier du cas observé. Ensuite, un traitement insecticide (adulticide) est réalisé au domicile du malade. Car l’anophèle, moustique vecteur du paludisme, a tendance à vivre à l’intérieur des maisons. Des conseils de prévention secondaire (répulsifs et moustiquaire de lit pendant un mois) sont aussi délivrés. Pour compléter la lutte anti-vectorielle, tous les gîtes larvaires retrouvés sont traités avec des larvicides. Les agents sanitaires effectueront deux passages (à 7 jours d’intervalle) dans la zone autour du cas.
Cent neuf zones où vit l’anopheles arabiensis ont été repérées à la Réunion, principalement dans les lits de rivière (notamment dans la rivière du Mât et la rivière Saint-Étienne). Entre juillet et août 2008, 90 de ces zones de surveillance ont été contrôlées par le service de prophylaxie renforcé (SPR). Elles ont été traitées à chaque présence du moustique constatée. 34 gîtes productifs ont été identifiés et traités sur cette période avec un larvicide biologique alors que 36 gîtes avaient été identifiés et traités
Le seul moustique vecteur du paludisme est l’anophèle. 109 zones où vit l’anopheles arabiensis ont été repérées à la Réunion et sont régulièrement traitées par la DrassLa rentrée synonyme de recrudescence de paludisme
CLICANOO.COM | Publié le 13 septembre 2008
Depuis le début de l’année, 44 cas de paludisme importés ont été déclarés à la Réunion. Pour autant, la maladie est en régression constante dans la zone océan Indien. Chaque rentrée, on observe un “pic” à cause des mouvements des vacanciers réunionnais et des difficultés de traitement médicamenteux. Explications.
Depuis 1979, le paludisme (appelé aussi malaria) est officiellement éradiqué à la Réunion.
S’il n’y a plus d’endémie palustre, il existe toujours des Réunionnais infectés par le parasite. Ils peuvent être contaminés à la Réunion par un moustique porteur de la maladie (cas autochtones) mais la probabilité est minime. Ces 8 dernières années, seuls 4 cas autochtones ont ainsi été constatés. Il s’agit donc pour majorité de cas importés. La plupart proviennent de Madagascar ou des Comores (voir infographie). Résultat le plus souvent de Réunionnais qui contractent le paludisme lors de voyages dans la zone. Il existe bien un traitement préventif (chimioprophylaxie) limitant le risque paludéen mais il n’est pas toujours respecté. “Le Malarone (médicament prévenant du paludisme à psalmodium falciparum, la forme la plus présente dans la zone océan Indien, ndlr) coûte très cher et il n’est pas remboursé, explique Daouda Sissoko, médecin épidémiologiste à la cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) Réunion-Mayotte. Il coûte environ 100 euros par personne. Alors, quand une famille entière veut voyager, cela devient problématique pour payer un traitement.”
Selon la Cire, la chimioprophylaxie était absente dans près de la moitié des cas de paludisme déclarés dans le département entre 2003 et 2007, et inadaptée dans 85 % des cas. Pour autant, le nombre de cas de paludisme importés décroît régulièrement depuis 2001 (voir graphique). Une date correspondant à l’arrivée sur le marché d’une nouvelle thérapie à base d’artémésine qui a un impact important sur la transmission du parasite. Ainsi, le nombre de cas de paludisme a baissé dans les pays de la zone océan Indien. Une tendance à la baisse qui s’observe d’ailleurs en métropole, en Angleterre ou aux États-Unis en ce qui concerne l’importation de cas.
Depuis septembre 2007, une dérogation valable pour les zones où la malaria est endémique a permis à Mayotte de disposer de ce traitement – le produit n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en France. Les cas de paludisme risquent donc d’être moins nombreux les années à venir à Mayotte. Mais la collectivité avait déjà fortement vu chuter ses cas grâce au renforcement de la lutte anti-vectorielle (LAV). Mayotte est passée de 2 500 cas en 2002 à moins de 600 en 2007.
MOINS DE RISQUE À MAURICE
En ce qui concerne nos autres voisins de l’océan Indien, la situation est plus floue.
“On sait que les Comores et Madagascar sont hyper endémiques, indique le Dr Sissoko. La prophylaxie est plus que recommandée pour ces zones car il y a la présence de la forme mortelle du paludisme.
” Si les autorités mauriciennes sont très discrètes sur leur évaluation sanitaire, on a connaissance d’une épidémie de paludisme à psalmodium vivax – forme moins dangereuse – à très faible niveau puisque moins de cinq cas par an en provenance de l’île sœur sont en moyenne déclarés à la Réunion. Depuis le début de l’année, 44 cas de malaria ont été signalés à la cellule de veille sanitaire de la Réunion par les laboratoires (60 % des déclarations) et les médecins. Un chiffre certainement en deçà de la réalité car tous les praticiens ne signalent pas les cas auxquels ils ont affaire, même si le paludisme reste une maladie à déclaration obligatoire (MDO). Les épidémiologistes constatent qu’il y a toujours une saisonnalité dans les cas de la Réunion. Chaque rentrée de vacances correspond à un léger pic, les Réunionnais amenant le parasite pour souvenir de leur voyage.
Cette année encore, la Cire a vu une légère recrudescence de cas importés correspondant aux rentrées scolaires (janvier-février et août-septembre) mais elle reste bien inférieure aux années passées. Selon le Dr Sissoko “le risque de voir une épidémie de paludisme à la Réunion redémarrer à partir d’un cas autochtone est extrêmement faible. Tant qu’on maintient nos actions de lutte, il n’y a pas de raison que ça reparte”
Marie Payrard
Historique du palu à la Réunion
XVIIIe-XIXe siècle : probable introduction du paludisme à la Réunion depuis Madagascar par les colons et les esclaves impaludés
Début XIXe siècle : présence de moustiques signalée sur l’île
1868 : premières épidémies de paludisme décrites
1868-1949 : persistance du paludisme sur l’île à l’état endémique
1914 : création d’un service de prophylaxie et de désinfection
1946 : le paludisme représente 32 % des motifs de consultations et 26 % des décès
1949-1953 : campagnes de lutte anti-paludique intensives
1965 : mise en place d’une surveillance épidémiologique (OMS)
1975 : arrêt du DDT, utilisation de téméphos pour lutter contre le parasite
20 mars 1979 : label d’éradication (élimination) du paludisme autochtone décerné par le comité d’experts de l’OMS
Depuis 1980 : élimination du parasite autochtone réussie et maintenue mais présence continue de cas de paludisme importés
Source : Cire Réunion-Mayotte
RETOUR DU MOUSTIQUE BIZZ BIZZ
Le retour des moustiques 
CLICANOO.COM | Publié le 9 septembre 2008
Les premières pluies, le thermomètre qui repart à la hausse… Toutes les conditions sont à nouveau réunies pour le développement du moustique. L’Est est la première victime avec, dans certains secteurs, une maison sur trois infestée. La période actuelle est idéale pour multiplier les actions susceptibles de diminuer la population d’aedes.
26 °C hier au Port. La Réunion sort de sa torpeur hivernale.
Des températures qui ravissent les plagistes mais également les “micro-prédateurs”. Avec le retour des pluies - il y a une dizaine de jours dans l’Est et ce week-end dans le Nord - la situation climatique est en effet propice au développement du moustique. Le cocktail Molotov a déjà produit son effet, comme l’indique le dernier bilan entomologique du service de prophylaxie renforcée (SPR) : “La fin de l’hiver austral avec l’augmentation des températures et le retour des pluies a déjà provoqué l’augmentation des indices entomologiques dans certains quartiers urbains.
” La côte au vent est comme toujours la première concernée par l’augmentation de la population d’aedes albopictus. Les entomologistes de la Drass ont relevé des données inquiétantes dans l’Est la semaine dernière. À la rivière du Mât, c’est ainsi une maison sur quatre qui était infestée de moustiques. Pire, à Mont-Repos (Saint-André) c’est une case sur trois qui était envahie avec un indice de Breteau (IB) (1) s’élevant à 81. Le record pour La Réunion en cette première semaine de septembre. Saint-Benoît n’est pas en reste avec des indices de Breteau atteignant 53 gîtes larvaires positifs sur 100 et une maison infestée sur trois.
Dans le Nord, la situation est moins préoccupante. Des gîtes larvaires ont par exemple été constatés dans une maison sur six à Montgaillard (Saint-Denis), avec un IB de 30. Même constat dans le Sud où en moyenne une maison sur dix enferme des gîtes positifs, la commune la plus touchée étant les Avirons (IB de 28).
lutte anti vectorielle (LAV)
L'ouest épargné :
Seule la zone Ouest n’a pas été envahie par l’insecte tigré, grâce à une absence de précipitations.
La plus forte valeur a été retrouvée à Bois-de-Nèfles (Saint-Paul) alors que seulement 8 % des maisons avaient ici des gîtes larvaires positifs. “Peut-être qu’il n’y a pas d’eau, mais les œufs, résultat des pontes du mois de juin, attendent. Et dès qu’il va recommencer à pleuvoir, l’usine est prête à se remettre en marche”, prévient Jean-Sébastien Dehecq, entomologiste à la Drass.
Aux premiers contacts avec l’eau, les œufs - s’ils ne sont pas morts à cause des températures hivernales ou dévorés par des fourmis - vont en effet éclore et la population d’aedes albopictus** va exploser soudainement.
“Le début de l’été est une période charnière car la population de moustiques se reconstitue, explique Jean-Sébastien Dehecq. Plus on en tue aujourd’hui quand ils sont moins nombreux, et plus l’impact sur la population de moustiques adultes sera important par la suite.” L’heure est donc à la remobilisation. “Une action forte sur les gîtes en cette période doit être menée afin de ralentir cette colonisation, recommande la Drass. Il est particulièrement important d’assurer un contrôle hebdomadaire de son environnement (retourner les soucoupes et les récipients divers, ranger les récipients inutiles), de veiller au bon tri de ses déchets et de respecter les calendriers de collecte afin que ceux-ci ne deviennent pas des gîtes productifs sur leur lieu de dépôt.” Sur le terrain, 200 agents de lutte anti-vectorielle (LAV) sont à pied d’œuvre pour sensibiliser la population à la lutte mécanique et désinsectiser les zones à risque, avec un renfort ponctuel des communes. Durant l’hiver austral, des actions de sensibilisation ont été menées dans les centres aérés auprès de 3 880 enfants.
Une nouvelle édition de Kass’ moustik sera programmée les 22 et 23 novembre
Marie Payrard
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**L'Aedes Albopictus est le moustique vecteur du Chikunguya. Il est de la famille des Culidae, comme l'Aedes Aegypti, l'Aedes Fowlori africanus ou encore l'Aedes Mansoni. Ce moustique est recouvert d'une multitude d'écailles. On le différencie très facilement des autres grâce à son habit noir annelé de blanc.
Comme chez tout les moustiques, seule la femelle de l'Aedes Albopictus pique pour sucer le sang. Elle attaque au crépuscule et au petit matin quand l'on s'y attend le moins. Ce sang va servir de réserve à ses œufs qu'elle pondra isolement. 
Deux possibilités s'offre à elle pour sa ponte de 10 à 300 oeufs :
1- Elle les dépose dans de l'eau stagnante. Les œufs flotteront grâce à une mince poche d'air.
2- Elle les dépose à même le sol et les œufs pourront se développer dès le contact avec le l'eau. Ils peuvent rester dans cet état pendant plus de deux ans.
A bout de 2 à 3 jours dans l'eau, les œufs éclosent et le moustique atteint son stade larvaire.
Il évoluera ainsi pendant 4 à 10 jours, adoptant une position oblique dans l'eau. Ces larves iront surtout dans le fond pour chercher leur nourriture dans la vase.
Puis Elles mueront pour devenir des nymphes, pendant 2 à 10 jours. Leur régime est déjà carnassier, elles peuvent même se manger entre elles.
Viens ensuite la transformation finale. Les moustiques peuvent alors vivre pendant deux mois. Et le cycle recommence.
On peut remarquer la caractère exceptionnel qu'ont ces moustiques pour résister a la mort : En plus de pouvoir "hiberner" en tant qu'œuf pendant plus de deux ans, ils sont capables de survivre à la dessiccation et peuvent devenir de dangereux prédateur pour les autres insectes dès 6 jours.
Les moustiques sont souvent les vecteurs de maladies qui peuvent avoir de graves complications. Par exemple, la dengue, le paludisme la fièvre jaune ou autre arbovirus sont des maladies tropicales qui peuvent être transmises par les moustiques, en particulier par l'aedes.
Le chikunguya est encore une maladie peu connue. Pourtant découvert en 1953 en Tanzanie, ce virus n'a jamais été l'objet d'une étude visant a trouvé un vaccin. Le seul traitement prescrit aujourd'hui est des anti-inflammatoires et du paracétamol.
La maladie n'est pas mortelle en elle même, mais elle peut entraîner des méningo-encéphalites chez le nourrisson et affaiblir fatalement les personnes âgées. Sa forme la plus courante donne juste des boutons, de fortes douleurs articulaires et de la fièvre.
La maladie n'est pas nouvelle. Elle est déjà présente en Asie du sud-est, dans le sud de l'Inde et en Afrique de l'est. On a recensé 400 cas aux Comores en avril 2005. Jusqu'à là la Réunion était épargnée. Pourtant, en février 2006 on parlait de 130 000 cas et 77 morts liés à la maladie dans cette île qui n'abrite que 710 000 habitants.
Expansion :
Depuis quelques décennies, il est en forte expansion à travers le monde, même en zone non-tropicale. Le transport ou le stockage de vieux pneus dans lesquels de l'eau stagne toujours (de par la forme du pneu) lui sert de véhicule principal. On pense que c'est de cette manière qu'il est parvenu à Houston aux États-Unis d'où il a conquis une majeure partie du continent américain. En Europe, il est très présent sur une grande partie de l'Italie depuis le début des années 1990 où il a été découvert pour la première fois à Gênes dans un dépôt de vieux pneus importés. Il est particulièrement abondant en Romagne surtout dans les villes de la province de Ravenne. On le trouve également ponctuellement dans d'autres pays d'Europe méditerranéenne et il a été repéré quelquefois en Suisse et en Belgique. En France, après quelques tentatives d'installation sur des zones de stockage de vieux pneus, d'où il avait été éradiqué, il a réussi depuis 2004[1] à s'établir durablement sur la côte des Alpes-Maritimes et en 2006 en Haute-Corse, principalement dans la région de Bastia; en septembre 2008, on peut le rencontrer dans le Var, signalé à St Raphaël. Il semble également certain qu'il ait été identifié dans la région de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) au printemps 2008. En novembre 2007, il a été repéré pour la première fois au nord des Alpes, dans le canton suisse d'Argovie.[2
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aedes_albopictus
http://www3.france-jeunes.net/lire-aedes-albopictus-vecteur-du-chikunguya-20253.htm
chikungunya Toujours sous surveillance
103 300 jardins “démoustiqués”
CLICANOO.COM | Publié le 27 juin 2008
En début de semaine, s’est tenu en préfecture le conseil d’administration du groupement d’intérêt public / service de prophylaxie renforcée (GIP-SPR). Créé en octobre 2006 suite à l’épidémie de chikungunya et pour pallier le manque d’effectif des agents de lutte anti-vectorielle (LAV), son objectif est de coordonner les moyens et les actions des pouvoirs publics dans la lutte contre les moustiques porteurs de maladies vectorielles. “Bien que La Réunion soit entrée en phase inter-épidémique, le bilan des activités du SPR montre que la population réunionnaise et les pouvoirs publics se sont mobilisés durablement dans la lutte contre les moustiques”, a estimé hier la préfecture dans un communiqué. Environ 300 ravines, 80 cimetières et 125 sites touristiques font en effet l’objet d’une surveillance au cours de l’année. Au besoin, un traitement préventif des gîtes larvaires, à l’aide d’un insecticide biologique (Bti), est effectué dans les zones infestées. Une densité de moustiques est d’ailleurs régulièrement mesurée dans les quartiers urbains. Au total, 103 300 jardins ont ainsi été visités. “Le SPR poursuivra son action, en privilégiant la prévention à l’intervention et en renforçant les actions concertées entre l’État et les communes”, précise-t-on du côté de la préfecture. Un numéro vert reste en activité au service de la population
0800110000
Nouvelle étude sur les répulsifs anti-moustiques

CLICANOO.COM | Publié le 27 juin 2008
L’institut de veille sanitaire (InVS) vient de publier une étude réalisée dans toute la France, et notamment à La Réunion durant l’épidémie de chikungunya, sur les répulsifs anti-moustiques. Résultat : ces produits auraient “une conséquence très modérée” lors d’exposition accidentelle.
Se tartiner quotidiennement le corps de produits répulsifs (appelés aussi insectifuges ou répellents). Ce geste, devenu banal en pleine crise du chikungunya, est aujourd’hui plus inhabituel dans les foyers réunionnais. Pourtant, comme l’indique Jean-Louis Solet, coordonnateur de la cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) Réunion-Mayotte, “même si le risque est très réduit à l’heure actuelle (hiver austral, ndlr), les protections individuelles sont toujours recommandées.” Nous sommes en effet en situation d’inter-épidémie en ce qui concerne le chik et les quelques cas de dengue identifiés sur Saint-Louis ont suscité une vigilance particulière des autorités sanitaires. Pour autant, beaucoup d’habitants restent réticents à l’idée de s’imprégner de ces sprays, lotions et autres crèmes car ils les considèrent comme nocifs

















